22 sept. 2015

Boukharrouba et l'arabisation anarchique, non pédagogique, a été le catalyse de conflit culturel, religieux et communautaire, une vraie calamité pour l'Algérie !

Un aspect de sa biographie occulté par les biographes officiels est révélé par ce témoignage. Révélation qui ne surprends pas. Sans verser dans le moindre sectarisme ou régionalisme il explique beaucoup de faits.
-la sécurité militaire, sa garde rapprochée, ses zouaves étaient choisis parmi les personnels kabyles,
- il est le fondateur du département de langue berbère qu'il a livré aux kabyles chrétiens de la Sorbonne (un lieu privilégié de recrutement de ses acolytes, ministres, ambassadeurs, enseignants),
- son arabisation forcenée, non pédagogique, saturée de dogmatisme et de démagogie, est la cause de frictions et de réactions négatives ayant creusé les divergences entre communautés et provoquer des déchirements culturels allant au rejet, par nombre de francophones et d'algériens non arabisés, de l'islam, de ses valeurs civilisationnelles, et de la culture arabe millénaire. la stratégie du diviser pour régner est en réalité l'objectif assigné à ce projet, et il a été en partie atteint.
En conclusion la politique d'arabisation démagogique de Boukharrouba, peut être jugée littéralement de criminelle, une catastrophe multi dimensionnelle dont les séquelles nous endurons jusqu'à aujourd'hui, et ses méfaits toujours en cours ! 
             «J'avais 13 ans et j'étais interne au collège avec internat d'Akbou dans la wilaya de Bejaia! Nous étions en 1967 et ma pauvre mère n'avait pas les 340 DA nécessaires pour payer ma pension d'interne! Une nuit, j'avais pleuré en cachette au dortoir et Monsieur Benabid, homme compatit à ma souffrance et le lendemain; Monsieur le Directeur, un sage homme décida de me prendre dans sa voiture noire pour me retrouver en face du Premier Sous-Préfet d'Akbou! Il était fort beau et jeune et il avait pour nom Terki Zeghloul et c'est ce monsieur qui me donna de son argent 600 DA pour continuer mes études! Tous mes soucis s'envolaient et ma pauvre mère eut beaucoup de prières pour le bon sous-préfet!
surveillant de nuit, fut alerté par mes copains de chambrée! Le pauvre
         C'est comme cela que j'ai pu étudier et en 1999, soit 32 ans après, j'avais retrouvé cet homme généreux qui m'a serré dans ses bras comme il l'aurait fait avec l'un de ses nombreux enfants! Je suis devenu un ami proche de sa bonne famille et sa femme est originaire de ma région natale!
Quand j'étais Secrétaire Général du Club des Poètes de Bejaia sis à la Maison de la Culture de Bejaia, Si Terki Zeghloul venait me rendre visite  comme s'il le faisait avec l'un de ses enfants et il adorait avoir des échanges avec nos jeunes poètes et poétesses qui adoraient son franc-parler et sa droiture!
        Un jour, il nous fit une sorte de conférence dans laquelle, il nous dévoila certaines vérités et je résume aux lecteurs les dires de ce grand monsieur: " J'avais 14 ans et j'étais scout musulman! Les scouts de Bejaia devaient partir sur Biskra en passant par Constantine et tous les jeunes scouts algériens étaient reçus par...Si Mostefa Benboulaid! Une nuit, un jeune scout originaire de Guelma âgé de 14 ans avait déclenché une bagarre et les responsables le placèrent dans ma tente et c'était le jeune Boukharouba Mohamed qui allait devenir durant la Révolution Algérienne le célèbre Houari Boumediène!!! Depuis cette date, le jeune Boukharouba et les jeunes de Bejaia étaient devenus de  véritables frères et c'est là que j'ai su qu'il était originaire du village de Bounda Tamoqrant à 20 kms d'Ighil Ali! Ses aïeux étaient de farouches cavaliers qui avaient lutté aux côtés du cheikh Mohamed El Mokrani en 1871 et quand ce dernier perdit la victoire et la vie, le reste des Boukharouba se réfugia dans la commune d'Héliopolis où naquit Houari Boumediène dit Boukharouba Mohamed"
       Nos poètes et nos poétesses n'en revenaient d'apprendre ces vérités de cet homme si probe et si fier et quand un jeune lui dit: " Mais pourquoi les gens ne le savaient pas?", il lui répondit:" Tu sais, mon fils, que la politique a divisé les hommes! Tous les grands chefs de la Révolution savaient que Si Boumediène -Allah yerrahmou- était un pur Kabyle de la région de Bejaia et la preuve, c'est qu'il a aimé ces deux wilayas plus que toutes les autres et surtout en matière d'infrastructures! Mais, nos politiciens ne voulaient pas que cela se sache et en Kabylie, les nouveaux chefs feront tout pour taxer Boumediène de dictateur parce qu'il était originaire de la...Petite-Kabylie!!!"
     Quand un jeune poète lui dit: " Et pourquoi Boumediène était contre la langue amazighe?", notre interlocuteur nous répondit avec sa simplicité d'homme de terrain: " Notre génération n'a pas connu ces problèmes ethniques et identitaires! Pour nous, être Arabe c'est être Kabyle et être Kabyle c'est être Arabe! Et on ne peut pas demander à un jeune leader de 26 ans arrivé au pouvoir en 1962 de créer une langue que tous les rois berbères de Yarbas au dernier des rois n'ont jamais utilisée!!! Les priorités de l'Algérie étaient énormes et elles avaient pour noms: éducation, emploi, santé, agriculture, industrie..." Si Zeghloul continua sa diatribe sur ce grand homme d'état de notre pays:" Si Boumediène- Allah yerrahmou est un homme du peuple et lorsqu'il est mort, il avait laissé un pays debout mais il a fait des erreurs comme tout grand homme mais c'est malheureux de le taxer d'anti-kabyle alors que toute sa famille est d'origine kabyle mais ce sont les nouveaux chefs qui entretiennent ce sentiment de haine à l'égard d'un homme qui leur a montré la véritable grandeur des vrais chefs!"
         Si Zeghloul avait rédigé ses " Mémoires" et il m'avait demandé de les revoir pour lui mais la maladie avait fini par l'avoir et il mourut tout simplement comme il a vécu, en homme du peuple!
        Que Dieu ait pitié des âmes de tous nos valeureux hommes qui ont fait que le pays soit libre et indépendant et à leur tête Si Boumediène et mon défunt ami Si Terki Zeghloul! »

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