22 sept. 2015

Mme Nacira Zellal et Malika Greffou : Expertes que les média subversifs occultent, ne leur accordant pas la parole, car elles réfutent le programme de Nouria Benghabrit !

 http://www.alterinfo.net/La-darija-comme-prothese_a117402.html :

«Hier c’était le gaz de schiste et aujourd’hui, c’est la daridja qui représente la pomme de discorde entre les algériens ; encore une fois , cette polémique provoquée sciemment par la recommandation du ministère de l’éducation d’utiliser la darija à l’école primaire n’a aucun sens sinon de faire diversion aux vrais problèmes que subit l’école algérienne .De tous les articles qui se rapportent à ce sujet , le plus pertinent , le plus édifiant et dont l’auteur fait preuve d’une compétence manifeste est celui du Dr Nacera Zellal , chercheur émérite à l’université d’Alger , publié dans le quotidien d’Oran du 20/08/2015 .  Orthophoniste de renom et reconnu par ses pairs mondialement, elle met en exergue l’ineptie de cette recommandation ministérielle de s’appuyer sur la daridja , langue maternelle pendant les deux premières années du primaire . Qu’elle en est le motif sur lequel repose cette pseudo solution qui ne fait que noyer le poisson dans l’eau dès lors que les enseignants algériens ne s’en privent pas pour l’utiliser dans leur cours de langue ? L’arabe dialectal, selon la ministre de l’éducation doit servir d’appui à l’apprentissage de l’arabe littéraire afin d’éviter aux élèves algériens le choc de la nouvelle langue et leur permettre d’y avoir accès progressivement. En sachant que l’arabe dialectale est un langage oral et prosaïque, exprimant souvent la quotidienneté , l’enfant arrivé à l’école a besoin de texte sous forme de conte, de pièce théâtrale et de poésie qui puisse le faire rêver et développer ses capacités cognitives .
Toujours selon le Dr Nacira Zellal ,<< le raisonnement se construit au contact de la langue ,dans ses règles abstraites , dès 4 ans>> ; spécialiste en neurosciences cognitives et dans les sciences de l’éducation, cette technique de soutien, précise-t-elle, n’est indiquée, que pour les enfants souffrant de troubles cognitifs ou pour les aphasiques, à croire que les enfants algériens sont des retardés mentaux . Autrement dit c’est la manière d’enseigner les langues et le contenu des manuels scolaires qui sont mis en cause ; les programmes d’enseignement et la formation des enseignants doivent être déterminés par la psychologie cognitive.
Etant données ses compétences linguistiques en français , il est de notre droit de savoir si la ministre de l’éducation s’était appuyée sur sa langue maternelle pour avoir accès à la langue française ? Accéder à cette langue ,Dans le cas du Pr Nacira Zellal ne nécéssita pas le soutient de l’arabe dialectale ; pour autant , cela ne représenta jamais pour elle un handicap.Au contraire, elle y excella dans son apprentissage jusqu’à être meilleure à l’école que le petit français de souche, affirme-elle . Un autre exemple qui vient dénoncer la mystification de ce projet d’introduire la darija comme béquille pour permettre à l’enfant algérien d’apprendre l’arabe littéraire est celui des pays germanophones : nonobstant la grande diversité des langues régionales existantes en Allemagne, Autriche et Suisse, les enfants allemands n’éprouvent aucun traumatisme à apprendre l’allemand standard qui sert de langue commune à ces trois pays et à les unifier. Quant aux pays scandinaves , ils optèrent pour un parfait bilinguisme tout en délaissant leurs dialectes au profit des langues émergentes vectrices de savoir ; la Finlande dont le système éducatif est l’un des plus efficaces au monde devrait inspirer notre ministre de l’éducation ; signalons au passage que, selon wikepédia , « en 2003 les élèves finlandais âgés de 15ans figuraient au premier rang mondial au titre des compétences linguistiques et scientifiques » . Ce qui s’explique par la formation de qualité des enseignants et leur recrutement très rigoureux parmi les 10% de diplômés . Une autre raison qui explique le succès du système éducatif finlandais est que leur société a un profond respect pour le savoir et la profession d’enseignant. Après avoir effectué un voyage d’étude en Finlande, le témoignage de Paul robert , Principal du Collège Nelson Mandela de Clarensac (France) relatif à la fonction enseignante met l’accent sur la valorisation de cette profession dans ce pays ; il nous fait remarquer que l’une des motivations qui ont poussé la plupart des enseignants finlandais à choisir leur métier est l’amour des enfants. Ainsi, dit-il «les éducateurs finlandais, sont-ils dès l’origine davantage tournés vers la compréhension de l’enfant ,de ses besoins , et se sent-ils plus à son service … »
Comparons le milieu scolaire finlandais à celui du pays ; en Algérie, selon l’article d’El Watan daté du 24/08/2013 , la corruption a fait fuir prés de 7000 enseignants entre 2012 et 2013. Ce fléau gangrène pratiquement toute l’institution de l’éducation ; en voici un extrait de certaines pratiques qui caractérisent et déshonore le corps enseignant et le ministère de l’éducation de notre pays: « absentéisme , frais illicites pour l’accès à l’école ou aux examens , manipulation des évaluations , rémunération des cours particuliers .Des enseignants sont aussi coupables de favoritisme , de clientélisme, acceptation de cadeaux ,discrimination politique sociale ethnique , cours de soutien privés y compris l’utilisation des locaux des établissements scolaires à des fins privés ; harcèlements ou exploitation sexuelle , pots de vin ou faveurs pendant les visites des inspecteurs , la modification des bulletins de notes et l’achat des diplômes » , précise le conseil des lycées d’Algérie . Après ce constat , une priorité s’impose dans la résolution des problèmes du système éducatif , c’est celle, pour la ministre de l’éducation, d’assainir la mentalité du corps enseignant dont la mission éducative est drôlement compromise. Ce qui est choquant et traumatisant pour la société algérienne, est le travail de sape auquel est soumis notre système éducatif par les pratiques que nous venons de signaler. Comment peut-on valoriser le savoir et le statut de l’enseignant quand le dernier des députés faisant preuve d’une ignorance crasse, touche mieux, sur le plan salarial que le meilleur des enseignants universitaires . Même le milieu universitaire n’en est pas à l’abri , nous raconte l’éminent professeur Nacera Zellal : dans un article d’El Watan du 22/01/2014 , elle nous fait part de ses déboires qu’elle a vécu en tant que fondatrice de la première chaire d’orthophonie en Algérie en 1979 ; elle décrit éloquemment les infractions à la déontologie académique , aux règles d’éthique et d’intégrité , et met en exergue l’indigence intellectuelle de la bureaucratie universitaire ; en voici un autre extrait relatif aux relents de pourrissement qui se dégagent de l’université algérienne : « …le Pr Nacira Zellal se distingue par son courage à toute épreuve , car il faut avoir bon dos pour braver la nomenclature d’indus « doctours » qui gangrènent les facultés algériennes et oser dénoncer les atteintes à la déontologie académique de ce triste sérail peuplé d’universitaires semi- instruits… » Les intellectuelles de son espèce qui tentent de résister à cette engeance d’imposteurs forts de leurs appuis politiques aussi corrompus qu’eux sont persécuté et humiliés jusqu’à être traînés en justice . mais le cas le plus choquant qui indigna la communauté nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique , est la condamnation du professeur Ahmed Rouadjia à 6 mois de prison ferme pour délit d’opinion ; son seul crime est d’avoir donné son point de vue à travers une série d’articles , durant l’année 2007-2008 , sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique . Il ne faut donc pas s’étonner que l’Algérie se vide de ses meilleurs cadres abandonnant les postes aux médiocres et aux incompétents .Une autre intellectuelle ,psychopédagogue , connue pour son livre intitulé « l’école algérienne de Ben Badis à Pavlov » n’a pas cessé de tirer la sonnette d’alarme à propos de la méthode d’enseignement pratiquée dans notre pays qui mise davantage sur la mémoire que sur la réflexion .Grâce à elle nous apprenons que la corruption va jusqu’à toucher les normes du livre scolaire établies , selon elle , par la multinationale Hachette et que les éditeurs algériens qui refusent de les suivre sont carrément exclus . Ce groupe français a pu s’implanter que grâce à l’accord signé en 2001 par l’ancien ministre de l’éducation nationale de l’époque, Benbouzid et la complicité d’un lobby d’inspecteurs et d’intermédiaires privés poussés à se compromettre par leur cupidité. Par ses critiques acerbes et pertinentes, elle a fini par provoquer l’ire des responsables de l’éducation nationale .Tout en dénonçant le projet de la ministre de l’ éducation Benghebrit , elle accuse de vouloir imposer l’enseignement de l’arabe dialectal qui représente un vieux projet colonial . Elle nous explique que, en tant que psychopédagogue , au lieu d’incriminer la langue arabe, le département de l’éducation devrait se focaliser sur les véritables problèmes : ils sont à la fois à caractère pédagogique culturel et déontologique . Pourquoi des spécialistes dans les sciences de l’éducation comme Nacira Zellal et Malika Greffou dont la renommée a dépassé les frontières de leur pays , démontrant d’une manière scientifique que cette recommandation n’est pas une solution mais une régression pour l’élève , sont non seulement marginalisés mais aussi criminalisés ,comme ce fut le cas du Pr zellal ? Il y’a lieu aussi de s’interroger sur le comportement dictatorial de la ministre de l’éducation qu’elle avait eu vis-à-vis de ses collègues , les professeurs Guerid, Sebaa,Lakjaa lorsqu’elle était directrice du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC ) ; elle s’est distingué par un déni de justice vis-à-vis de ces trois chercheurs connus pour leurs œuvres et leurs compétences , son rejet immotivé de leurs projets de recherche les induisit à utiliser leur droit au recours hiérarchique pour excès de pouvoir . A la lumière de cette analyse n’y-a-t-il pas des desseins inavoués derrière cette proposition d’introduire la daridja à l’école ? n’y a-t-il pas une volonté d’abêtir encore plus les élèves dès lors que nous savons que la darija, langue n’ayant aucun substrat littéraire et civilisationnel , ne contribue pas au développement cognitif de l’élève ?
La proposition de faire usage de la darija à l’école n’est pas nouvelle dès lors qu’un certain publicitaire nommé Noureddine Ayouch fit cette recommandation au Maroc en novembre 2013 : «tout le petit monde de la publicité admet que l’usage de la darija est indispensable .C’est la langue de communication par excellence » ,déclara-t-il dans le magazine ‘’Tel Quel’’. Ce roi de la publicité ,porte étendard de la darija voulut ressusciter un vieux projet colonial qui n’avait pas réussi : dans le journal , « Aujourd’hui le Maroc » du 28/11/2013 qui résume le débat entre lui et le grand écrivain de renom international agrégé de langue et civilisation arabe, Abdellah Laraoui, ce dernier affirme que « l’usage de la darija dans l’enseignement préscolaire est une initiative superflue puisque l’enseignant communique déjà avec l’enfant en dialecte pendant les 3 premières années scolaires . Il rappelle que l’administration coloniale française avait formé en 1934 une commission composée de plusieurs experts pour examiner les moyens d’officialiser le dialecte en tant que langue nationale dans le Royaume. Cette même commission finit par conclure que c’est une option non applicable ». Cette recommandation d’enseigner en arabe dialectal fut décriée à l’unanimité par tous les partis ; opposition et majorité ont fait front commun contre cette proposition qu’ils qualifièrent de complot, crime, absurdité et qu’elle n’a aucun fondement scientifique ; l’article de Amin Harmach publié le 14/11/2013 dans ‘’Aujourd’hui le Maroc’’ porte un titre très éloquent sur cette question : «Enseignement en Darija :les députés dénoncent un complot colonialiste » .
Ainsi, dans le cas du Maroc , il est évident que cette question de vouloir introduire l’arabe dialectal s’inscrit dans une vision consumériste : la darija devient un moyen très efficace pour cibler le plus grand nombre de consommateurs possible ; ainsi la darija que Nouredine Ayouch veut introduire à l’école sous couvert de combattre l’illettrisme et permettre progréssivement d’avoir accès à la langue écrite n’est qu’une stratégie marketing au service des multinationales ; grâce à la darija la marque Sony réalise en trois mois son chiffre d’affaires annuel juste en apposant un slogan en darija pour promouvoir une de ses dernières cameras ; l’article de Aïcha Akalay , ‘’Publicité , la révolution darija ‘’ dans le magazine tel quel est très expressif sur ce sujet .
Sous l’éclairage de cette analyse , la question de l’arabe dialectal n’a été soulevé que dans ces deux pays , le Maroc et l’Algérie .Le reste du monde arabo- musulman, de la Tunisie jusqu’aux pays du Golf vit cette situation de diglossie ; l’arabe standard comme langue officiel et l’arabe dialectal pour exprimer la quotidienneté ; la France aussi connaît ces situations diglossiques , sans pour autant, utiliser à l’école les variétés basses de ce pays appelées péjorativement patois . après avoir démontré le non- sens sur le plan cognitif de cette recommandation, elle n’a servi qu’à créer une forte polarisation entre arabophones et francophones et à diviser le peuple ; elle a servi surtout à faire diversion aux vrais problèmes de l’école qui sont à la fois à caractère pédagogique, déontologique et méthodologique. Les compétences pour réformer le système éducatif algérien existent bel et bien en Algérie telles que Mme Nacira Zellal et Malika Greffou ; mais la logique de l’autoritarisme de notre système politique les marginalise, les persécute leur fait subir d’infâmes humiliations en les traînant en justice, et dans le cas extrême les pousse à l’exil ; ses méfaits se manifestent dans tous les secteurs de la société y compris celui de l’éducation où l’autoritarisme a sacrifié les principes de transparence et d’obligation de rendre compte ; le cas de Ahmed Rouadjia ,docteur d’état en histoire et sociologie politique , enseignant et chercheur associé au CNRS , auteur de plusieurs ouvrages condamné à la prison ferme juste pour avoir publié un article critiquant la gestion de l’université de M’sila par le recteur , en dit long sur les ravages de l’autoritarisme . En fin de compte la faillite du système éducatif n’est que le reflet de notre système politique moribond.
Mme Nacira Zellal et Malika Greffou : Experts que les média subversifs occultent, ne leur accordant pas la parole, car ils réfutent le programme de Nouria Benghabrit ! 

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